Textes

JE NE ME SOUVIENS PLUS DU MONDE SANS TOI

Dans la ville de Nara j’ai coupé le moteur, j’ai coupé le moteur

Quand les biches ont traversé, petit cérémonial, petit cérémonial

Comme tous les jours il y avait une belle lumière, il y avait une belle lumière

Nous avons fait route vers le littoral

 

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde sans toi

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde

 

Tu avais apporté un Thermos de thé vert, un Thermos de thé vert

Déplié une nappe à carreaux près du chenal, à carreaux près du chenal

Allongés on tentait de deviner la mer, le bruit de la mer

Couvert par le bourdonnement constant de la centrale

 

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde sans toi

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde

 

Dans la ville restée sans voix j’ai coupé le moteur. Coupez le réacteur

Tous les enfants traversent poussent un cri d’animal, un long cri d’animal

Et dans nos têtes un dieu dit : « Oubliez hier », il faut oublier hier

Un lit vide dérive dans la rue principale

 

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde sans toi

Je ne me souviens plus du monde avant ça

Je ne me souviens plus du monde

Sans toi

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim / Pierre Jaconelli

LINDA McCARTNEY

Tes beaux noir et blanc me rendent un peu blue

Je suis sur le trottoir assis, assez flou

Le révélateur ment à peu près sur tout

Je suis seul dans le noir accroché à un clou

 

Tu te penches prends appui sur un de tes genoux

La moitié de ta gorge animée de remous

Crois-tu que ton regard m’a fixé rendez-vous ?

Ne suis-je pas l’appareil suspendu à ton cou ?

 

Je suis dans un portrait

De Linda McCartney

Elle disait qu’une photo c’est

Un secret sur un secret

Je suis dans un portrait

De Linda McCartney

Où les rêves les regrets

Sont les ombres au portrait

De Linda McCartney

 

Sur la plage atlantique, ton corps pâle en dessous

Ton sourire argentique m’a enfin rendu fou

J’ai l’image dans ma poche et je suis un peu saoul

L’image où ton souvenir peu à peu se dissout

 

Je suis dans un portrait

De Linda McCartney

Elle disait qu’une photo c’est

Un secret sur un secret

Je suis dans un portrait

De Linda McCartney

Et nos rêves nos regrets

Sont les ombres au portrait

De Linda McCartney

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim / Pierre Jaconelli

LES ENFANTS DU SIÈCLE

Les enfants du siècle ne pleurent pas

Ils sont des copies de toi

Ils sont des copies de moi

Donc pas de larmes, que des pixels

 

Les enfants du siècle ne crient pas

Sous la camisole du ciel

Ce sont des enfants éternels

À l’intérieur de statues de sel

 

Les enfants du siècle ne chantent plus

Puisqu’ils ont le sang impur

Que leur amour est une injure

Aux lumières noires du siècle naissant

 

Les enfants absents ne dansent plus

Souviens-toi on dansait avant

Je te serrais tellement fort

Et t’ai-je serrée trop longtemps ?

 

Je sors sans écharpe

Donne-moi de tes nouvelles

Où es-tu sur la carte ?

Et lis-tu tes emails ?

 

Les enfants du jour sont saouls

Et leurs nuits sont infidèles

Elles m’ont traîné sur les genoux

Lorsque j’attendais ton appel

 

Les enfants du siècle ne rient plus

Quand ils boivent les cendres blanches

De leurs pères sans adresse

Aux bras de leurs mères inconnues

 

Je sors sans écharpe,

Donne-moi de tes nouvelles

Où es-tu sur la carte ?

Et lis-tu tes emails ?

 

Vous avez deux messages revenus

Aux destinations corrompues

 

Je sors sans écharpe,

Donne-moi de tes nouvelles

Où es-tu sur la carte ?

Et lis-tu tes emails ?

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

TU ÉTAIS UN PAYS QUE J'AIMAIS

Combien d’hommes entre tes bras,

Dans tes cheveux emmêlés ?

La même promesse faite plusieurs fois

À tes abords barbelés

 

Entre tes seins j’appelle

Les soleils à se lever

La lumière crue comme une aile

Dessus tes hanches révoltées

 

Oh tu étais un pays que j’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

Oh tu étais un pays que j’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

 

Dans tes chapelles j’ai voté

J’ai prié dans tes banlieues

Le jour où je t’ai embrassée

Sans aucune parole échangée

 

Ton bleu visage tout dérangé

Ne sait plus rire ni pleurer

Et j’ai peur que tes traits s’effacent

De ce qu’il y aurait à leur place

 

Oh tu étais un pays que j’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

Oh tu étais un pays que j’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

 

Je parcours tes vallées

Je parcours tes haines

Je suis le fleuve qui descend le long de l’aine

Je parcours le miracle

De tes contours mobiles

Je parcours le tremblement

Des ventres de tes villes

Je parcours tes voix

Qui se jettent en martyrs

Au chaos, au sacré

Je ne peux plus partir

 

Oh tu étais un pays que j’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

Oh tu étais un pays je t’aimais

Encore plus belle au milieu

Des restes du monde

 

Je ne peux plus partir

Je ne peux plus

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

ÉTRANGER CHEZ MOI

Qui es-tu, que fais-tu là

Dans mes draps, mon sofa ?

Ton sourire sert de passe-plat

Des couleuvres pour seul repas

 

Qui es-tu, dis-moi où va

Ce long cri Iroquois ?

Un doux parfum de Lilas

Comme une rose sur un appât

 

Je me sens étranger chez moi

Je me sens étranger chez moi

 

Je tenterais bien une panenka

En criant viva Italia

Quand tu me tendras les bras

Dans un intime attentat

 

Je me sens étranger chez moi

Je me sens étranger chez moi

 

Quelqu’un lance une pierre

Par dessus la frontière

Je me sens toujours étranger chez moi

 

Tu me jettes ton coeur

Et la pierre la première

Mais tu seras toujours étranger chez moi

 

Quelqu’un goûte la terre

Quelqu’un dit : « c’est à moi »

Je me sens encore étranger chez moi

 

Quelqu’un lance une pierre

Mais c’est juste la mer

Aux rivages éteints de Lampedusa

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

TU FINIRAS PAR EN RIRE

Nous, contours à la craie blanche

Nous, des lignes claires

On attendait l’amour

Ou l’arrivée des secours

Je savais

Qu’on finirait par en rire

 

Dans ma poitrine le son

D’un sac de pierres

Dans nos bouches

Les restes de mots amers

Et ces mots

Finiront dans un rire

 

Je crois toujours

Que rien n’est grave

Tu dis toujours

C’est un naufrage

Vois-tu le jour

Derrière l’orage ?

C’est bien l’amour

Qui finira par en rire

Qui finira par en rire

 

Comme des Blancs qui se déhanchent

Sur des musiques Noires

On se montre les dents

En attendant d’y croire

Ce serait bien

Qu’on finisse par en rire

 

Je t’ai cherché longtemps

Dans les ruines dans les dunes

J’ai passé trop de temps

À regarder la une

En grimaçant

J’ai fini par en rire

 

Je crois toujours

Que rien n’est grave

Tu dis toujours

C’est un naufrage

Vois-tu le jour

Derrière l’orage ?

C’est bien l’amour

Qui finira par en rire

 

Je crois toujours

Que rien n’est grave

Tu dis toujours

C’est un carnage

Et un beau jour

En plein orage

Ô mon amour

Tu finiras par en rire

Tu finiras par en rire

 

On attendait l’amour

L’arrivée des secours

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

JE NE SAIS PAS DANSER

Paraît que je devrais me détendre

Répondre au diktat de la rythmique

Mais moi j’ai jamais fréquenté les MPC des MJC

De cette bonne république

 

Paraît que c’est facile à comprendre

Une question de gènes et d’arithmétique

Mais je suis raide comme un pendu

Tendu comme un gardé à vue

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Si le ministère de l’identité

Peut faire quelque chose pour mon déhanché

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Et j’essaie de bouger comme Beyoncé

Mais mon corps me traite comme un immigré

 

Paraît que j’ai de la classe à revendre

Faut juste laisser parler ma nature élastique

Paraît que j’ai ça dans la peau que c’est la loi de l’inné et

La vérité des statistiques

 

Paraît que j’ai trahi la cause

Que ça manque un peu de Noirs dans mon équipe

Échangé à la maternité

Je suis perdu comme un sans-papiers

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Si le ministère de l’identité

Peut faire quelque chose pour mon déhanché

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Et j’essaie de bouger comme Beyoncé

Mais mon corps me traite comme un immigré

 

Je ne sais pas danser

Mais quand toi tu tournes dans mes bras

Je ne vois plus du tout les ombres

Un peu de grâce avant le trépas

Avant que je ne t’écrase les pieds

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Si le ministère de l’identité

Peut faire quelque chose pour mon déhanché

 

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser

Et j’essaie de bouger comme Beyoncé

Mais mon corps me traite comme un immigré

Je ne sais pas danser

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

KALASHNIKOV BÉBÉ

Il a toujours rêvé d’un monde, pas de trois mondes

Il a toujours dormi dans la mâchoire d’une bombe

Il a dit si j’ai l’âge de jouer à la guerre

Avant d’être grand je serai petit militaire

 

Kalashnikov bébé

Et ça fait ratatatata dans son coeur

 

Il a dit maintenant que je suis le seul homme

Jamais j’irai ramper dans les gorges d’aluminium

Déjà loin de la maison erre petit fantôme

Des carambars fondus dans sa ceinture de minutions

 

Kalashnikov bébé

Et ça fait ratatatata dans son coeur

 

Il mâche du Khat, boit la bière du président

Il deale en bas des barres du haut de ses 7 ans

Il dit qu’il ne rêve plus qu’il a des visions

De squale rejeté à l’eau vivant mais sans ailerons

 

Kalashnikov bébé

Et ça fait ratatatata dans son coeur

 

À qui il dit tout ça ?

À qui il dit tout ça ?

À la télévision

 

Il a toujours rêvé d’un monde, pas de trois mondes

Il a posté sur sa page je vais quitter la ronde

Ya plus que des cowboys elle est drôle cette guerre

Avant d’être mort je serai petit militaire

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

PLUIE TROPICALE SUR L'ÎLE-DE-FRANCE

Une pluie tropicale s’abat sur l’Île-de-France

Compte pas sur mes larmes pour faire la différence

J’aime pas ce climat et j’aime pas ma clémence

Cette pluie tropicale c’est ça ta délivrance

 

Comme un visage pâle captif à Fort-de-France

J’ai attendu la vague dans ton indifférence

Dans la capitale ma peine est une chance

C’est pas une pluie d’étoiles mais  ya que moi qui danse

 

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Oh ! oh ! J’attends le plus clair de mon temps

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Et je tire sur les manches de mon pull

Pour me faire des gants

 

Une pluie tropicale tombe sur l’adolescence

La vitre Sécurit laisse voir en transparence

Les dessins insolites, la couleur obsédante

Du passé qui s’agite et toi à qui tu penses

 

Le triste carnaval des filles de l’Île-de-France

Qui visitent l’amour comme l’île de mon enfance

Les vêtements sur ma peau collent avec insistance

Comme le souvenir idiot de nos mains qui s’avancent

 

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Oh ! oh ! J’attends le plus clair de mon temps

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Et je tire sur les manches de mon pull

Pour me faire des gants

 

Ya plus que la bruine ya plus que la brume

En t’attendant

Plus que du bitume et puis un mauvais

Pressentiment

Ya plus que la brume ya plus que des ruines

Apparemment

Et je tire sur les manches de mon pull

 

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Oh ! oh ! J’attends le plus clair de mon temps

Oh ! Boulevard de Belleville je t’attends

Et je tire sur les manches de mon pull

Pour te faire des gants

 

Une pluie tropicale s’abat sur l’Île-de-France

Compte pas sur mes larmes pour faire la différence

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim, Jérôme Attal / Mike Ibrahim

UNE FILLE DE L'EST À ORLY OUEST

Les filles du sud prennent la bretelle

Dans des taxis climatisés

J’me fais souvent des films sur elles

Oh ces talons neufs me tuent les pieds

 

Une voiture glisse dans le tunnel

Ralentit dans son nuage de fumée

Du noir même sur le jaune des poubelles

Voilà mon 13h, un régulier

 

Et pour oublier

Le temps que ça peut durer

J’écoute les Airbus passer

 

Une fille de l’Est à Orly Ouest

Belle comme un avion

Blonde comme une illusion

Ils partent je reste à Orly Ouest

Libre en location

Et le ciel est un mur devant l’horizon

D’une fille de l’Est à Orly Ouest

 

Parfois je garde un peu la chambre

Quand part celui de 6h passées

Parfois mon corps est, il me semble,

Une place de parking expirée

 

Une fille avec l’accent du nord

Annonce des vols, appelle des noms

Mais moi je suis une fille de l’Est

Un hall de transit sans destination

 

Et pour oublier

Le temps que ça peut durer

J’écoute les Airbus passer

 

Une fille de l’Est à Orly Ouest

Belle comme un avion

Blonde comme une illusion

Ils partent je reste à Orly Ouest

Libre en location

Et le ciel est un mur devant l’horizon

D’une fille de l’Est à Orly Ouest

 

Les jours de grands départs

Des clients au hasard

Veulent juste parler et boire

Aux filles de l’Est

Aux filles de l’Est à Orly Ouest

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LES ANIMAUX SAUVAGES

Mon amour fauve

Nos adieux sur une voie d’extinction

Sur une rocade où des buissons

Ont griffé la nuit

 

Lécher nos coeurs mauves

D’avoir couru sous les fourrures

Nos cris blessés dans ces toisons

Ont chassé la nuit

 

Ma vie entre tes dents

Tu sautes l’enclos

 

Au bord de l’autoroute

Les forêts que des feux d’été ravagent

Et au-dessus des passages

Pour les animaux sauvages

Enlève-moi les doutes

Laissons nos corps à la lisière

Lourds bagages

Et au-dessus prenons ces passages

Pour les animaux sauvages

Les animaux sauvages

Sauvages

 

Orfraies de salon

Tu jettes aux flammes nos camouflages

Arrache de nos cous les plumages

Avant minuit

 

Étanchons de flaques

Les mots qui asséchaient nos gorges

Les mots laissons les faire le mort

Et ce qui s’ensuit

 

La vie entre les dents

Sautons l’enclos

 

Au bord de l’autoroute

Les forêts que des feux d’été ravagent

Et au-dessus des passages

Pour les animaux sauvages

Enlève-moi les doutes

Laissons nos corps à la lisière

Lourds bagages

Et au-dessus prenons ces passages

Pour les animaux sauvages

Les animaux sauvages

Sauvages

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LE MARION DUFRESNE

Tous les jours du sel sur la peau

Je traque le soleil à la traîne

Quand la mer dérive en morceaux

J’embarque sur le Marion Dufresne

 

Les filles à terre lancent un écho

Comme un cerceau d’amours lointaines

Leurs larmes tracent des ronds dans l’eau

Sous l’étrave du Marion Dufresne

 

Je reviens ! Dans les marées

Je reviens ! Déboussolé

Je reviens et le vent t’en a parlé

Je m’en vais ! Dans les embruns

Je m’en vais !  Plus ne m’est rien

Je m’en vais ! Et la nuit va m’avaler

 

J’en ai vu passer des bateaux

Dans les glaces des îles Kerguelen

Aucun visage pris en photo

Ne remplace la vie que l’on mène

 

Mon père dans l’acier du cargo

Laissait sa peine en quarantaine

Il n’enlaçait plus que les flots

Et moi son bras sur la photo

 

Je reviens ! Dans les marées

Je reviens ! Désorienté

Je reviens et le vent t’en a parlé

Je m’en vais ! Dans les embruns

Je m’en vais !  Plus ne m’est rien

Je m’en vais ! Et la nuit va m’avaler

 

Crois pas que tes amarres me retiennent

J’ai fait le tour de tes failles et des miennes

 

J’ai dormi dans un vieux drapeau

Du sel sur mes blessures anciennes

Quand dans l’amour tout tombe à l’eau

Je monte sur le Marion Dufresne

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim, Jérôme Attal / Mike Ibrahim
Editeurs : Because Editions / Universal Music Publishing

SERGE ÉTAIT BEAU

Journée de printemps

Retour d’enterrement

De ta vie de garçon

Nous 4 fantastiques

Dans la supercinq

Et nos rires dans le vent

 

On avait trop bu

On avait perdu

Alice et Armand

J’ai pas tout compris

Du choix du moment

Et de tes mots hésitants

 

T’as dit je n’ai plus d’angoisse

Je n’ai plus d’inquiétude

Et la vie nous fera payer d’avoir peur de la vivre

Je rêve ce rêve et je n’ai que deux certitudes

Michael dansait comme un dieu

Et Serge était beau

 

Soirée d’hivernage

Y a plus de feuillage

A nos doigts griffant

Là sous les toitures

Alice sans Armand

A dit : « J’attends un enfant  »

 

On a rit forcé

Comme dans une chanson

De Plastic Bertrand

J’ai pas tout compris

Du choix du moment

Et de ses mots hésitants

 

Elle a dit je n’ai plus d’angoisse

Je n’ai plus d’inquiétude

Et la vie nous fera payer d’avoir peur de la vivre

Je rêve ce rêve et je n’ai que deux certitudes

Michael dansait comme un dieu

Et Serge était beau

 

J’avance à reculons

Je perds mes illusions

J’avance

 

Serge était beau

Serge était beau

 

Journée de printemps

Retour d’enterrement

De ta vie de garçon

J’ai pas tout compris

Du choix du moment

Et de mes mots hésitants

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

AMOUREUX DE MON AMIE

Ça n’devait pas arriver

Je la connais si bien

Toutes ces années à s’effleurer

À s’échanger nos chagrins

J’dirais que c’est la faute du hasard si je croyais au hasard

J’dirais qu’c'est la faute du destin qui s’était caché dans nos mains

J’étais bien le lundi au soir

Mais le mardi matin

 

J’étais amoureux de mon amie

Amoureux de mon amie

 

On parlait dans la nuit d’hiver, on parlait dans la nuit claire

Ya eu un clic quand nos coeurs se sont mis sur le même fuseau horaire

On est pourtant si différents mais les différences sont vaines

J’aime ses chemises américaines depuis qu’elle dort dans les miennes

L’amitié tient à un fil, le temps de battre des cils

 

J’étais amoureux de mon amie

Amoureux de mon amie

 

C’était un soir de novembre

Tout le monde était dans la rue

Je t’ai regardé t’as souri comme

Si on s’était jamais vu

Je t’ai trouvé moins inquiète je t’ai trouvé plus sereine

J’aime le bleu de tes yeux depuis que t’es plus républicaine

On était le jour et la nuit

Maintenant on est unis comme les États-Unis

De mon amie

 

Mon amie américaine

Amoureux de mon amie

Mon amie américaine

 

Au café avenue Kennedy

Les heures d’attente étaient des étoiles par centaines

Avec ton accent tu m’as dit :

- Tu sais que toi et moi on s’avoue tout,

Je ne sais pas quoi faire c’est complètement fou…

 

Je suis amoureux de mon amie

Mon amie américaine

Amoureux de mon amie

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LE VOYAGE

C’est l’histoire d’un garçon de Dakar

Qui monta vers le nord pour trouver l’espoir.

Sa mère lui avait dit les yeux plein de larmes

Pars vite, reviens tard et ne vends pas ton âme.

 

Hallelujah …

 

L’argent de la famille dans les poches du passeur

La traversée fut fatale à deux de ses soeurs

Y’en a qui se cachent dans les trains d’atterrissage

Et meurent de froid avant la fin du voyage

 

Hallelujah … Hallelujah …

 

Enfin enfin le pied sur la terre ferme

Déjà déjà l’espoir n’est plus le même

L’homme qui l’embaucha lui dit pour ta chambre

Tu m’dois un an d’salaire c’est à laisser ou à prendre

 

Hallelujah … Hallelujah …

 

L’hiver sa peau lui rappelle la terre glaise

Qui craquait sous ses pieds comme des tessons de braise

Plusieurs mois maintenant qu’il a perdu son corps

Noyé sous les vêtements et dans l’alcool fort

 

Hallelujah !

 

L’argent qu’il lui reste il l’envoie au bled

Alors il deale un peu, enfin ses cousins l’aident

Il voudrait bien aller au match avec cette thune

Mais bon ya tous les cris d’singes en tribunes

 

Hallelujah, chantent les singes en tribunes

Hallelujah …

 

Comment se termine cet évangile ?

C’est juste une prise de tête avec un des vigiles

J’étais à côté de lui sur ce vol charter

Acheté sur Internet pour des vacances pas chères,

Pas chères.

 

Hallelujah, de retour à la frontière

Hallelujah …

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LES ARMES MIRACULEUSES

Parle-moi du temps

De la température

Cite-moi Césaire dans le texte

Bois ton gin fuzz

Évoque tes ex

Aiguise tes armes miraculeuses

 

Mais ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

T’as mal choisi ton jour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

On en fera vite le tour

 

Parle d’la nostalgie

Des livres de Murakami

Et de ce collègue qui te mate

Parle-moi de ton retour

Au pays natal

Montre-moi encore ton sourire qui fait mal

 

Mais ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

T’as mal choisi ton jour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

On en fera vite le tour

 

Tu avais des grains de sable sur la paume de ta main

Tu l’as frotté contre l’autre

En regardant ailleurs

En jetant tes mots comme des appâts

En gardant dans ta bouche leurs éclats

Qui te coupaient les lèvres

 

Partage tes positions

Même les plus banales

Sortons crier au bord du canal

Parle-moi de le faire

Mais pas le dire

Pas de monologue lacrymal

 

Mais ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

T’as mal choisi ton jour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Ne parle pas d’amour

Car il est là

Toujours.

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim et Joël Jaccoulet

TU VOIS CE QUE JE VEUX DIRE

Jeanne était une fille légère

Et Baudelaire était chaud

Je pensais à ça face à

Ce bouquet de fleurs dans le métro

Là derrière ses roses

Une fille seule comme Rosa Parks

Me regarde, c’est l’hypnose

 

À côté d’elle s’assied un bobo

Beau comme Johnny Depp

Elle laisse mes yeux là sur le carreau

Descend avec lui quand le train s’arrête

Et derrière leurs roses

Ils me cachent la fin de l’histoire

Ils sont comme Seal et Heidi

Ou Bush et Condie

 

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Parfois c’est parfois, toujours ou jamais

Et c’est peu de le dire

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Nos cœurs incontrôlables

Nos pigments mélangeables

 

En 44 ma grand-mère normande

A vraiment eu chaud

Quand les bandes de boys ont débarqué

Y’en a un qui portait l’afro

Et derrière les dunes

Cachés pour l’amour pour mon histoire

Ils sont comme Seal et Heidi

Plus que Bush et Condie

 

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Parfois c’est parfois, toujours ou jamais

Et c’est peu de le dire

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Nos cœurs incontrôlables

Nos pigments mélangeables

 

Athéna et Jo, John et Yoko

Alain et Voulzy, Patrick et Harry

Chiara et moi, Caro et Jean-Louis

Comme Seal et Heidi

Pas comme Bush et Condie

 

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Parfois c’est parfois, toujours ou jamais

Et c’est peu de le dire

Tu vois, tu vois, tu vois

Tu vois c’que j’veux dire

Nos cœurs incontrôlables

Nos pigments échangeables

 

Ecrit par Mike Ibrahim et composés par Mike Ibrahim et Joël Jaccoulet

LA FILLE SANS MEMORY

Il a découvert qu’elle a tout effacé de lui

Les moments de mélancolie, les joies et les folies

C’est là, c’est marqué sur un papier déjà un peu jauni :

Elle voudrait qu’il soit juste l’île de l’oubli

 

La fille sans memory

Love memory

 

Un sticker blanc sur chaque souvenir de leur vie

Comme ceux qu’on colle sur les romans pour en cacher le prix

Elle savait qu’ça suffirait pas de dire de dire « c’est fini »

Alors elle paye même un mec pour avoir l’odeur d’un autre dans son lit

 

La fille sans memory

Love memory

 

Alors il supplie :

- Je sais tout de toi :

Un demi sucre dans ton vert.

Elle demande :

- Est-ce qu’on s’est déjà vu ?

 

Il a compris comme elle que son seul salut était de faire « erase memory »

Effacer sa voix, son goût et de son rire toutes les petites mélodies

Il fera de son coeur une page blanche qu’il brûlera c’est promis

Il paiera même des filles pour que d’autres soupirs hantent ses nuits

 

La fille sans memory

Love memory

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LA FRANCE QUI SE LÈVE TÔT

5h35

Comme tous les matins les yeux froissés

Ya pas foule dans le RER et dans les sacs ça sent un peu le maffé

Ya des Alain, des Rachid, des Mam et des doudous aux mains gercées

À qui on a toujours dit : « C’est clair, le monde appartient au premier levé »

Mais ça n’a pas de sens, ce peu de reconnaissance

 

Pour la France qui se lève tôt

 

Moi tout patraque j’ai mon pack d’attaque même si je claque des dents et des os

J’ai un RDV super important faut pas qu’j'me rate, faut que je sois costaud

J’ai pris tout c’qu’il faut, parce qu’il faut c’qu’il faut, c’est comme il dit Sark #!@*

Il dit toujours :  » C’est clair le monde t’appartient, faut juste le mériter coco »

Mais Dieu quelle indécence, cette putain de condescendance

 

Pour la France qui se lève tôt

 

J’arrive pile à l’heure

Le mec me sort son sourire en toc et me prend de haut

Il dit qu’avant l’heure c’est pas l’heure et qu’après c’est plus l’heure

Et qu’ c’est vraiment pas de pot

Ça devient flou dans ma tête, je tremble, les somnifères ça rend parano

Ya comme un big-bang, le buzz du réveil me sort de mon rêve en sursaut

Devant la France qui se lève tôt

 

Ouais la France qui se lève tôt

 

5h35

Comme tous les matins les yeux froissés

Ya pas foule dans le RER et dans les sacs ça sent un peu le maffé

Ya des Alain, des Rachid, des Mam et des doudous aux mains gercés

On nous a toujours dit :  » les premiers levés sont souvent les derniers couchés »

L’égalité des chances descend à la prochaine correspondance

 

Pour la France qui se lève tôt

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LA PASSION DE CHRISTINE

Elle fait son one man show

Dans un no man’s land

Et son coeur coule

Là sous son pull-over

Cache la haine sous des fils de laine

D’Edimbourg

 

Elle pense à son ex

Et aussi à l’existence, à ses détours

L’asphalte de Sarcelles est un sombre carême

Du haut de sa tour

 

Je trouve ça beau

La passion de Christine

Incandescente

Sous son chapeau d’épines

Je trouve ça beau

La passion de Christine

 

Elle dit qu’elle est Bagdad

Encore vivante et belle

Là sous les ruines

Avant j’étais légère comme les ponts suspendus

De Constantine

 

Avant les mots n’étaient pas des armes…

 

Je trouve ça beau

La passion de Christine

Incandescente

Sous son chapeau d’épines

Je trouve ça beau

La passion de Christine

 

Elle fait son one man show

Dans un no man’s land

Et son coeur coule

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LE PARK

J’ai suivi dans l’avenue

La lumière de tes épaules nues

J’avais peur que tu remarques

Que même les arbres s’écartent

De mon chemin

 

On est les seuls à l’avoir vu

Cet homme qui priait dans la rue

À genoux devant sa pancarte

Quand il a tendu la main j’ai cru

Qu’il montrait le chemin

 

Tu as posé tes jambes dans l’herbe

Perdu les clés de la maison

Dans tes yeux aucune réserve

Dans le park, dans le park

 

Tous les orages de la ville

Se sont blottis à tes pieds

J’ai mis ma tête sur tes chevilles

Mes paumes contre la terre mouillée

Au bord du chemin

 

C’est sûr on n’a rien entendu

Quand les fenêtres se sont éteintes

On a laissé aucun bruit

Aucune rumeur aucune empreinte

Sur le chemin

 

T’avais posé tes jambes dans l’herbe

Perdu les clés de la maison

Dans tes yeux aucune réserve

Dans le park, dans le park

 

Y’avait déjà plus personne

Loin les sirènes des gardiens

J’ai pensé que t’étais ma femme

Dans le park, dans le park

Dans le park.

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

HELLVILLE

Je pense à elle à mes yeux accrochée

Elle m’a tendu la main et puis elle a trébuché

Mais c’est moi qui suis tombé

Sur son visage de la boue, des pleurs séchés

Je me rappelle très bien les mots qu’elle a prononcés

C’était à Hellville, Nosy-bê

 

Emmène-moi avec toi

Emmène-moi avec toi

Vois comme je suis jolie

Emmène-moi avec toi

Emmène-moi avec toi

Je serai sage c’est promis

 

Et j’ai du mal avec le tourisme de la pitié

L’occidental plein d’amour et sans aucune dignité

Mais c’est moi qui suis tombé

J’en ai voulu à ceux qui lui on appris ces mots

Et c’est sans doute les seuls qu’elle connaissait, ces mots

Elle savait à peine marcher

 

Emmène-moi avec toi

Emmène-moi avec toi

Vois comme je suis jolie

Elle m’a dit

Emmène-moi avec toi

Emmène-moi avec toi

Je serai sage c’est promis

 

Et j’ai ramené des épices

Comme les blancs le faisaient avant

Mon père disait si tu as un fils

Emmène-le courir sur la terre où je courais enfant

 

Emmène-moi avec toi

Emmène-moi avec toi

Vois comme je suis jolie

Elle m’a dit

Emmène-moi avec toi

Et pourquoi tu t’en vas ?

Je serai sage c’est promis

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

L'ILLUSIONNISTE

Déjà la fin du jour

Plus d’un sac dans mon tour

Alors que j’entre en piste

Je ne suis pas l’acrobate

Ni le clown écarlate

Je ne suis pas sur la liste

 

Je suis l’illusionniste.

 

Donne tes yeux je les remplis

De torrents de fortune

Et donne-moi ta voix et puis

Laisse-la glisser dans l’urne

 

J’ai fait tomber le masque

Je le plaque sur ta face

Vois comme on se ressemble

Ce bulletin est une mine

La boîte une guillotine

Tout est possible ensemble

 

Je suis l’illusionniste.

 

Ouvre tes deux mains remplies

De l’oseille du bonheur

Vois je me démultiplie

Dans ton téléviseur

 

Aaaah, Abracadabra

Aaaah, Abracadabra

Aaaah,

Tu ne le dis pas mais je le dis pour toi

Abracadabra,

Et si tu ne le penses pas je le penserai pour toi

Ahhh,

Tu ne le dis pas mais je le dis pour toi

Abracadabra,

Et si tu ne le veux pas ce s’ra tant pis

Pour toi

 

Regarde à cette fleur

La rosée de tes peurs

Le parfum des méfiances

Attention au chapeau

La colombe faite oiseau

De nos désespérances

 

Je suis l’illusionniste.

 

C’est moi l’illusionniste, le sauveur !

Le mage des émotions, n’aies pas peur !

Chuis pas l’arriviste calculateur !

J’ai même pas le monopole du cœur !

 

Ecrit par Mike Ibrahim et composés par Mike Ibrahim et Joël Jaccoulet

CE MOMENT AVEC TOI

On n’se connaissait pas mais tu m’as tout de suite tutoyé

Tu m’as dit à l’oreille : « ton visage m’est familier »

Tes mains sur moi donnent des frissons

Pourtant ça n’devrait pas, entre garçons.

 

Oh ce moment avec toi

Ce moment avec toi

Ce moment avec toi

 

Tu sais tout le monde en parle déjà dans la cité

Ton affection a laissé des traces à mes poignets

Ces flash, ces coups de foudre entre nous

Ne resteront pas entre nous

 

Oh ce moment avec toi

Je n’oublierai pas

Ce moment avec toi

Ce moment avec toi

Je n’oublierai pas

Ce moment avec toi

 

Tu m’as traîné chez toi sans y mettre les formes

Et moi si j’ai rien dit c’est à cause de ton uniforme

J’aurais pourtant voulu en rester là

Visiblement on ne se comprendra pas

 

Oh ce moment avec toi

Je n’oublierai pas

Ce moment avec toi

Ce moment avec toi

Je n’oublierai pas

Ce moment avec toi

 

T’étais beau t’étais grand tu sentais bon la lacrymo

T’étais beau t’étais grand mon CRS

T’étais beau t’étais grand tu sentais bon la lacrymo

T’étais beau t’étais grand mon CRS

T’étais beau t’étais grand

T’étais beau tu sentais bon

T’étais beau t’étais grand tu sentais bon la lacrymo

T’étais beau t’étais grand mon CRS

C’était un soir de printemps

Un vingt-et-un avril

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim

LA ROUTE DU NORD

C’est le temps des mensonges

Ma belle mangeons des cerises

Et mords-toi les lèvres

Comme au premier jour

Un mot va couler, je l’éponge,

Les freins ont lâché mais personne n’y songe

On fixe sur nos cœurs

Les abat-jour

 

Et on roule…

 

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Tu me dis : « Tu n’es pas bavard »

Et j’allume les feux de brouillard

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Ya plus de bande d’arrêt d’urgence

Ya que ta voix à double sens

 

Un peu secs, ces casse-croûte

Qu’on mange sur un air de déroute

Peut-être on aurait dû faire un détour

Pas d’embouteillages, plus de doute

La mer est bien au bout de l’autoroute

Et c’est là que finissent tous les amours

 

Alors on roule…

 

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Ya ta main que ma main délaisse

Faut bien que je passe les vitesses

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Tu dis : « Avant tu aimais mes caresses »

Ça déclenche les feux de détresse

 

20 bornes, 30 bornes, tous les deux, sans bornes

Tes doigts dessinent dans le vents

Des orages qui éclatent loin devant

Sous la plaine, sous les mornes,

Un trait de carbone sous tes yeux

C’est l’horizon

Au péage, on change de station

 

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Ya ta main que ma main délaisse

Faut bien que je passe les vitesses

Sur la route du nord

Sur la route du nord

Tu dis : « Avant tu aimais mes caresses »

Ça déclenche les feux de détresse

 

C’est le temps des mensonges

Ma belle mangeons des cerises.

 

Ecrit et composé par Mike Ibrahim
Editeurs : Because Editions / Universal Music Publishing